« Cette année, je rédige mes Mémoires ! » un article co-écrit par Natacha Cesbron Écrivaine Biographe à Gap et Pascale Bigard, Écrivaine Biographe à Lyon, Paris et Cannes.
Rédiger ses Mémoires, un défi
Ah, les fameuses « bonnes résolutions » de début d’année ! Ces défis que l’on se lance à soi-même, la plupart du temps en présence de témoins, de peur qu’ils nous échappent ! Et nous voilà piégés, avec l’obligation de produire, en temps et en heure, un résultat conforme à l’engagement. Contraints de tenir une promesse parfois intenable.
Justement, en voici une : « Cette année, je rédige mes Mémoires ! ».
Dès le 2 janvier, on s’y met, plein d’enthousiasme et de courage. Inconscient encore de l’ampleur de la tâche. Le 5, on est content de soi, la partie sur la petite enfance est écrite. Le 6, rien ne vient, page blanche, panique : on a oublié de parler de la grand-mère si bienveillante, de l’arrière-grand-père qui a terrifié trois générations, de cette blessure qu’on a infligée (était-ce volontaire ou pas ?) à la petite sœur, du jardin, des copains, de la maîtresse, des bêtises…
Solitude
Par quoi commencer ? Dans quel ordre ? Comment décrire les personnages et les lieux, enchaîner les épisodes, montrer leurs liens, et tant d’autres questions qui finissent par donner le vertige. Et puis se faire relire ! Au début, l’enthousiasme est partagé, mais à mesure que les textes arrivent et se modifient, le relecteur ou la relectrice n’est plus au rendez-vous. Et l’on se retrouve seul avec notre « bonne résolution », pas si bonne que cela en fait !
Un travail à deux
On se confie, on en parle autour de soi, histoire de relancer la turbine, de partager le poids de la culpabilité. Et puis un jour, quelqu’un propose une idée : pourquoi ne pas faire appel à un professionnel de l’écriture ? On considère l’idée, on la tourne et la retourne : se faire aider pour écrire ses propres Mémoires ? Est-ce vraiment honnête ? N’est-on pas en train de trahir la bonne résolution (prise en janvier, alors qu’on est déjà en août…)
On tente le coup, on cherche sur Internet un écrivain biographe, géographiquement proche, qui pourrait venir en personne. On en trouve plusieurs, et on finit par identifier celui ou celle à qui l’on fera confiance, qui ne jugera pas, qui comprendra, qui saura rédiger dans le style qui nous ressemble. On n’en attendait pas tant !
Le travail commence. Car oui, il s’agit bien d’un travail à deux. D’abord il faut raconter, sans se censurer, sans amocher ni enjoliver les souvenirs, les préciser au contraire, les rendre vivants. Pas facile avec toutes ces émotions qui affluent en même temps ! Mais on n’est plus seul, et on va arriver à la tenir, cette résolution : elle n’était pas si mauvaise, finalement !